Le centre d'accueil pour demandeurs d'asile du CAAR



Qu'est-ce qu'un CADA (Centre d'accueil pour demandeurs d'asile) ?

La France, en ayant ratifié la convention de Genève de 1951, a pour mission de protéger les réfugiés et d’accueillir les demandeurs d’asile sur son territoire. Elle a ainsi mis en place au milieu des années 70 un Dispositif National d’Accueil des réfugiés et des demandeurs d’asile qui coordonnaient au départ les centres d’hébergement pour les demandeurs d’asile et les réfugiés, appelés Centres Provisoires d’Hébergement (CPH).

En 1991, devant le nombre croissant de demandeurs d’asile, un taux de reconnaissance du statut de réfugié de plus en plus faible et la suppression de l’autorisation automatique de travail aux demandeurs d’asile, le gouvernement a décidé de réorganiser son Dispositif National d’Accueil et de séparer les demandeurs d’asile et les réfugiés dans des centres d’hébergement distincts. Les réfugiés ont continué à être hébergés en CPH et le gouvernement a créé des centres d’hébergements spécialisés pour les demandeurs d’asile : les Centres d’Accueil pour Demandeurs d’Asile (CADA).

Il existe à ce jour en France plus de 220 CADA. L’ensemble de ce dispositif est coordonné par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OfII), qui valide les admissions des personnes sollicitant un hébergement en CADA auprès d’elle, en liaison avec les Directions départementales des affaires sanitaires et sociales (DDASS) qui financent les CADA. Localement, la gestion de ces structures est confiée par la DDASS à des associations, comme par exemple le Comité d’aide aux réfugiés.

Le CADA du CAAR

Le CADA du Comité d’aide aux réfugiés a ouvert ses portes au mois d’octobre 2003 et accueille en appartements diffus sur les communes de Bois-Colombes, Colombes, La Garenne-Colombes et Asnières-sur-Seine 45 hommes, femmes et enfants venant de tous pays.
L’accueil au CADA comprend cet hébergement, mais aussi un accompagnement social et juridique dans la procédure d’asile, effectué respectivement par une conseillère socio-éducative et par un juriste.

La conseillère socio-éducative offre à la famille un accompagnement social global : elle l’informe sur ses droits, ses possibilités et l’oriente pour qu’elle puisse effectuer ses démarches, telles que l’ouverture de ses droits à l’assurance maladie. Elle se retrouve souvent médiatrice entre les administrations françaises et l’hébergé, notamment pour les non-francophones. Elle aide aussi la personne à trouver des activités, telles que des cours de français, pour lui permettre d’utiliser à bon escient le temps d’attente de la réponse à sa demande d’asile. Des activités sont aussi mises en place mensuellement dans le CADA pour gérer cette attente et permettre un lien entre les hébergés : groupe d’expression, sorties culturelles et atelier d’information de l’assurance maladie.

Le juriste, quant à lui, aide la famille à mettre en forme son histoire, ce qui l’a poussée à quitter son pays, selon les exigences du cadre juridique français. Concrètement, la personne est aidée pour son dossier de demande d’asile, au niveau de l’Office Français de Protection des Réfugiés et des Apatrides (OFPRA) et de la Cour Nationale du Droit d’Asile (CNDA) ; elle peut être mise en relation avec un avocat, financé par l’aide juridictionnelle (aide juridique gratuite pour les foyers à bas revenus) ou par ses propres économies ; elle est préparée à son entretien à l’OFPRA et à l’audience à la CNDA.